Accumulateur électrique
Un accumulateur électrique est un système conçu pour stocker l'énergie électrique ainsi qu'à la restituer ultérieurement.
Catégories :
Accumulateur - Composant électrique - Électrotechnique
Un accumulateur électrique est un système conçu pour stocker l'énergie électrique ainsi qu'à la restituer ultérieurement.
On peut distinguer :
- Les accumulateurs d'énergie convertissant l'énergie électrique dans une autre forme pour la stocker (par exemple en énergie cinétique) et , qui sont capables de la restituer ultérieurement. Voir : stockage d'énergie ;
- Les accumulateurs électriques fonctionnant selon les principes de l'électrostatique : bouteille de Leyde, condensateurs ;
- Les accumulateurs électriques fonctionnant selon les principes de l'électrodynamique : circuit bobiné ;
- Les accumulateurs électrochimiques, fonctionnant grâce aux réactions électrochimiques de leurs électrodes, qui assurent la conversion de l'énergie chimique en énergie électrique ;
- Les piles qui ne sont pas des accumulateurs électrochimiques, car elles ne sont pas rechargeables. Piles et accumulateurs électrochimiques sont des générateurs électrochimiques. Les piles fournissent la quantité d'électricité prévue à leur fabrication (aucune charge, ni préparation n'est indispensable avant utilisation).
Généralités
L'énergie électrique peut par conséquent se stocker de différentes manières :
- Sous forme d'énergie électrostatique, en accumulant des charges électriques dans un ou plusieurs condensateurs. La naissance, vers 1995, de condensateurs dont la capacité peut atteindre quelques centaines de farads sert à réaliser des substituts aux batteries d'accumulateurs classiques. Les avantages sont une diminution du poids et un fonctionnement envisageable par particulièrement grand froid (véhicules polaires). Avec un inconvénient de taille le prix au Wh stocké nettement plus élevé.
- Sous forme d'énergie électromagnétique, en établissant un courant électrique dans un circuit bobiné autour d'un circuit magnétique, de telle sorte que l'énergie indispensable pour mettre en mouvement les charges électriques puisse être restituée par induction. La durée de stockage de l'énergie reste faible même avec les meilleurs métaux conducteurs que sont l'argent et le cuivre à cause des pertes par effet Joule dans le circuit ; un stockage de longue durée nécessite ainsi l'utilisation de matériaux supraconducteurs. Les systèmes ainsi réalisés sont connus sous le nom de SMES : Superconducting Magnet Energy Storage.
- Sous forme électrochimique, qui présente la caractéristique intéressante d'apporter une tension (différence de potentiel) à ses limites peu dépendante de sa charge (quantité d'énergie stockée) ou du courant débité. On utilise la propriété qu'ont certains couples chimiques d'accumuler une certaine quantité d'électricité en modifiant leur structure moléculaire et ceci de manière réversible.
- Différents types de couples chimiques sont utilisés pour la réalisation d'accumulateurs électriques.
Compte tenu des limites des techniques de stockage direct de l'électricité, le mot accumulateur sert à désigner en électrotechnique essentiellement le système électrochimique.
Caractéristiques générales des accumulateurs électrochimiques
Tension électrique
La tension ou potentiel (en volt) est un paramètre important. Fixée par le potentiel d'oxydo-réduction du couple redox utilisé, elle est de l'ordre de quelques volts pour un élément. Comme en pratique des tensions plus élevées, typiquement 12, 24 ou alors 48 V et plus sont requises, il suffit pour augmenter la tension de raccorder des éléments du même type en série au sein d'une batterie d'accumulateurs. C'est sans aucun doute l'origine du terme «batterie» comme synonyme courant d'«accumulateur» et , en anglais, de «pile» ; cependant certains évoquent une autre source étymologique envisageable : l'effet de choc d'un courant électrique, comme si l'appareil électrique «battait» celui qui reçoit la décharge.
Charge électrique
La charge électrique (une quantité d'électrons, quelquefois nommée à tort dans le langage familier capacité électrique) est le plus souvent indiquée en (m) Ah ( (milli) ampère (s) pendant une heure) par le constructeur. Elle se mesure dans la pratique en multipliant un courant constant par le temps de charge/décharge, en Ah (ampère-heure) ou mAh (milliampère-heure), mais l'unité officielle de charge (SI) est le coulomb équivalent à un As (ampère pendant une seconde) : 1 Ah = 1 000 mAh = 3 600 C ; 1 C = 1 Ah/3 600 = 0, 278 mAh. Elle n'est identique que pour des valeurs de tension identiques. Plus significative est donc :
Énergie stockée
L'énergie stockée se mesure habituellement en Wh (wattheure) mais l'unité officielle (SI) est le Joule.
- 1 Wh = 3 600 J = 3, 6 kJ ; 1 J = 0, 279 mWh. Le rapport entre les deux est la tension (à supposer qu'elle soit stable) par la formule :
- 1 Wh ↔ 1 Ah × 1 V ↔ 1 A × 1 h × 1 V (valable seulement en courant continu). En pratique inutile car la tension est variable (elle diminue par rapport à la charge), il faut juste retenir qu'une valeur Ah n'est pas identique d'un voltage nominal à l'autre.
Débit maximum
Le débit maximum, ou puissance en pointe, d'un accumulateur se mesure en ampère, ou encore en watt (1 VA = 1 A × 1 V). Il est beaucoup supérieur au débit d'utilisation courante et ne peut être maintenu sans risques.
Impédance interne
L'impédance interne, exprimée en ohm, impédance parasite qui limite le courant de décharge, mais aussi la fréquence de ce courant, en transformant en chaleur par effet Joule une partie de l'énergie restituée. En pratique, on assimile fréquemment l'impédance à l'unique résistance pure.
Charge maximale
La charge maximale supportable est mesurée en puissance instantanée de charge, par conséquent en ampère, mais est fréquemment exprimée en unité de charge, c'est-à-dire rapportée à la capacité. L'unité de charge est le rapport entre le courant de charge en A et la capacité C en Ah. Une valeur de 0, 5 C correspondant à 0, 5 A pour une capacité de 1 Ah ou à 1 A pour une capacité de 2 Ah, et dans les deux cas à une charge de 2 heures. Cette grandeur est aussi le débit maximum que peut délivrer la batterie de manière stable (fréquemment inférieur au débit de pointe).
Densité
La densité massique, ou énergie spécifique, est une des caractéristiques importantes d'un accumulateur, elle correspond à la quantité d'électricité (Ah/kg) ou d'énergie (Wh/kg) qu'il peut restituer comparé à sa masse.
La densité volumique, ou densité d'énergie, est une autre caractéristique qui peut avoir son importance, elle correspond à la quantité d'électricité (Ah/m³) ou d'énergie (Wh/m³) qu'il peut restituer comparé à son volume. On utilise plus fréquemment les Wh/dm³ soit Wh/l.
La densité de puissance en pointe, ou puissance spécifique correspond au débit ou à la puissance maximale rapportée à la masse de l'accumulateur, et s'exprime en ampère ou en watt par kilogramme (A/kg ou W/kg). De la même manière, on peut calculer la puissance rapportée au volume, moins usitée. Cette puissance spécifique est en particulier fonction de la conductivité intrinsèque de l'accumulateur, qui doit offrir le moins de résistance envisageable au courant.
Vieillissement et usure
Le vieillissement et l'usure entrainent une perte progressive de la capacité des batteries avec le temps (plusieurs années) et l'usage (plusieurs milliers de cycles de charge et de décharge).
Forme physique
La forme physique est normalisée par la Commission électrotechnique internationale (CEI) et par l'American National Standards Institute (ANSI). Cependant un certain nombre d'appellations propres aux fabricants de piles subsistent.
Différentes techniques
Plomb-acide
La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 2, 25 V. Il s'agit du dispositif le plus ancien, mais également potentiellement l'un des plus polluants. C'est le système de stockage d'énergie électrique utilisé dans la majorité des véhicules automobiles.
- L'accumulateur au plomb a été découvert par Gaston Planté qui observait l'électrolyse de l'eau acidulée.
- En essayant le plomb dans sa recherche de matières plus économiques que le platine, il remarqua que son appareil rendait de l'électricité quand on coupait l'alimentation ; comme si l'oxygène et l'hydrogène pouvaient rendre l'électricité qui les avait produits.
- Gaston Planté crut avoir découvert la pile à combustible, mais comprit vite que ce n'était pas l'oxygène et l'hydrogène gazeux qui rendaient le courant, mais la modification chimique (oxydation) de la surface du plomb.
- Son appareil se composait de deux lames de plomb maintenues écartées par des bandes isolantes. Pour augmenter la surface des électrodes, Gaston Planté enroula concentriquement deux bandes de plomb scindées par deux intercalaires de caoutchouc pour éviter tout contact entre elles, le tout contenu dans un bocal de verre rempli d'eau acidulée.
- Pour obtenir une capacité de décharge importante, Gaston Planté constata qu'il était indispensable de faire subir aux électrodes une série de cycles charge/décharge qui formait ce qu'il nomma «la formation».
- Le fonctionnement de la batterie ne disperse pas de plomb.
- Le plomb est un polluant, par contre le recyclage des batteries est facile. Le transport et le recyclage des batteries est de plus en plus sévèrement réglementé, ce qui augmente les frais, diminue la rentabilité du recyclage ; donc la quantité de batteries recyclées a tendance à diminuer, le prix du kilogramme de batteries devient inférieur au prix du kilogramme de ferraille.
- La durée de vie mais aussi les performances d'une batterie au plomb dépendent fortement de l'utilisation qu'on en fait. Ainsi, on a vu des batteries rendre l'âme après uniquement 50 cycles tandis que d'autres du même type ont tenu plus de 500 cycles. Cette forte disparité est en partie due au fait que ces batteries sont influencées par le type de cycle charge/décharge qu'on leur impose, supportent particulièrement mal les décharges profondes et nécessitent un dispositif embarqué de contrôle particulièrement poussé pour apporter les meilleures performances envisageables.
Ni-Cd (nickel-cadmium)
La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 1, 2 V. Ce couple électrochimique fait partie des plus fréquemment utilisés depuis plusieurs décennies pour fabriquer des batteries d'accumulateurs alimentant les appareils portatifs. Ce type d'accumulateur possède un effet mémoire, ce qui impose leur stockage dans un état déchargé (0, 6 V). La fin de charge est caractérisée par une variation de la tension de charge (dv/dt) négative. C'est ce seuil qui est détecté par les chargeurs automatiques de qualité pour arrêter la charge.
Comparé au Ni-MH, le Ni-Cd peut supporter des pointes de courant en décharge plus importantes (de l'ordre de 100 fois) mais sa décharge naturelle est bien plus rapide que celle du Ni-MH. Le cadmium est particulièrement polluant. Ce type d'accumulateur permet un nombre de cycles charge/décharge plus important que les accus Li-ion et bien plus important que les Ni-MH (durée de vie supérieure).
Notons enfin que l'augmentation énorme des cours du nickel ces dernières années a relancé le marché de ce type d'accumulateurs dans ses usages industriels (applications aéronautiques, ferroviaires, stationnaires).
Ni-MH (nickel-métal hydrure)
La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 1, 2 V. Ce type d'accumulateur n'incorpore ni cadmium ni plomb et est par conséquent peu polluant. Qui plus est , son énergie massique est supérieure de 40 % à celle des Ni-Cd et son effet mémoire est particulièrement faible.
La fin de charge est caractérisée par une variation de la tension de charge (δv/δt) particulièrement faiblement négative. C'est ce seuil qui est détecté par les chargeurs automatiques de qualité pour arrêter la charge.
Ni-Zn (nickel-zinc)
Le NiZn est un couple connu depuis longtemps, mais qui n'avait pu être industrialisé de manière significative, à cause d'une particulièrement faible durée de vie en cyclage.
Ce problème est actuellement complètement résolu par une nouvelle technique développée en France entre 1998 et 2005.
Le NiZn forme désormais un dispositif à la fois d'énergie et de puissance, aux performances supérieures à celles du NiCd et du NiMH. Il accepte des régimes élevés de charge et de décharge. Sa tension nominale est de 1, 65 V. Le NiZn est un accumulateur robuste, fiable et idéalement sûr, fonctionnant en mode sans maintenance (étanche).
Sa durée de vie en cyclage est équivalente à celle du NiCd, son autodécharge et son effet mémoire sont inférieurs.
Le NiZn est de fabrication plus économique que les autres accumulateurs alcalins (NiCd et NiMH). Il ne contient aucun métal lourd, et il est facilement et totalement recyclable en fin de vie.
Lithium
Les accumulateurs à base de lithium sont d'une technique récemment mise au point et en cours de développement intense, présentant un très important potentiel électrochimique.
On peut distinguer la technique lithium métal où l'électrode négative se compose de lithium métallique (matériau qui pose d'importants problèmes de sécurité), et la technique lithium ion, où le lithium reste à l'état ionique grâce à l'utilisation d'un composé d'insertion autant à l'électrode négative (généralement en graphite) qu'à l'électrode positive. Les problèmes de sécurité demeurent (prise de feu) en cas de surcharge, de décharge trop rapide ou de court-circuit. Les accumulateurs lithium-ion sont fréquemment remplacés par les accumulateurs lithium polymère délivrant légèrement moins d'énergie, mais bien plus sûrs. [1]
La durée de vie de ces accumulateurs n'est que de 2 à 3 ans après fabrication, indépendamment du nombre de cycles de charges. [2]
Le potentiel le plus commun d'une cellule au lithium-ion est de 3, 7 V.
Pile alcaline
Contrairement aux mentions inscrites sur leurs emballages, les piles alcalines «non rechargeables» peuvent elles aussi être régénérées partiellement. Mais uniquement avec un chargeur adapté à cet usage. Les chargeurs standard (Ni-MH ou Ni-Cd) utilisent des méthodes de charges non appropriées qui rendent l'opération dangereuse, pouvant aller jusqu'à l'explosion de la pile ou du moins la destruction du conteneur avec fuite des produits acides. D'ailleurs, par sécurité et de façon générale, chaque chimie nécessite une méthode de charge spécifique par conséquent un chargeur compatible. Pour votre sécurité, demandez l'avis d'un spécialiste.
Certes, les alcalines subiront un nombre de cycles moins grand qu'un accumulateur, même en restant dans les conditions parfaites de réversibilité de la réaction chimique (en particulier, en ne déchargeant jamais les éléments à moins de 1, 25 V), il est envisageable de les régénérer quelques dizaines de fois. En conséquence, cette possibilité est méconnue du grand public, d'autant qu'elle est réservée aux amateurs avertis des contraintes. Qui plus est , cela ne peut être valable que pour certains usages.
Alcaline rechargeable
Il existe depuis les années 2000 une version perfectionnée dite alcaline rechargeable, particulièrement conçue pour être rechargée de nombreuses fois. Ce produit est manufacturé surtout par une société canadienne[3]. Elle est disponible dans le commerce de façon presque confidentielle.
Ce type de piles alcalines est spécifiquement adapté aux appareils qui ne déchargent ni trop vite, ni trop profondément leurs accumulateurs. Mais elles peuvent servir d'accu de secours grâce à la longue durée de conservation de la charge hors utilisation.
Brome
Actuellement au stade de prototype, les accumulateurs à base de brome seront certainement réservés aux installations fixes car ils nécessitent la circulation de l'électrolyte et , qui plus est , le brome est spécifiquement dangereux.
Les couples étudiés sont : sodium-brome, vanadium-brome et zinc-brome.
Tableau comparatif des différentes techniques[4], [5]
| Type | Densité massique en Wh/kg | Densité volumique en Wh/l | Tension d'un élément | Puissance en pointe (massique) en W/kg | Durée de vie (nombre de recharges) |
Autodécharge par mois |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Plomb/acide | 30 - 50 | 75 - 120 | 2, 25 V | 700 | 400 - 800 | 5 % |
| Ni-Cd | 45 - 80 | 80 - 150 | 1, 2 V | ? | 1 500 - 2 000 | > 20 % |
| Ni-MH | 60 - 110 | 220 - 330 | 1, 2 V | 900 | 800 - 1 000 | > 30 % |
| Ni-Zn | 70 - 80 | 120 - 140 | 1, 65 V | 1 000 | > 1 000 | > 20 % |
| Na-NiCl2 (ZEBRA) |
120 | 180 | 2, 6 V | 200 | 800 | → 100 % (12 %/jour) |
| Pile alcaline | 80 - 160 | ? | 1, 5 - 1, 65 V[6] | ? | 25 à 500 | < 0,3 % |
| Li-ion | 90 - 180 | 220 - 400 | 3, 6 V | 1 500 | 500 - 1 000 | 10 % |
| Li-Po | 100 - 130 | ? | 3, 7 V | 250 | 200 - 300 | 10 % |
| Li-PO4 (lithium phosphate) | 120 - 140 | 190 - 220 | 3, 2 V | 800 | 2 000 | 5 % |
| LMP (lithium metal polymer) | 110 | 110 | 2, 6 V | 320 | ? | ? |
| Li-Air | 1 500 - 2 500 | ? | 3, 4 V | 200 | ? | ? |
| Ni-Li[7] | 935 | ? | 3, 49 V | ? | ? | ? |
L'accumulateur Li-Po (lymère) est moins performant que le Li-ion mais fabriqué différemment. Il prend moins de place que le Li-ion. Donc une batterie Li-Po de même taille qu'une batterie Li-ion possède une capacité plus importante. Le tableau précédent donne le rapport entre l'énergie stockée (les Wh) et la masse de la batterie (en kg). Or, une batterie Li-Po est plus dense qu'une Li-ion, d'où la différence.
Voir aussi
Notes et références
- ↑ Un site spécifiquement bien documenté sur les accu recheargeable
- ↑ Un site spécifiquement bien documenté sur les accu recheargeable
- ↑ Le fabricant canadien de piles alcalines rechargeables
- ↑ Énergie - Les batteries du 3ème millénaire
- ↑ note de l'ADEME sur le stockage électrochimique
- ↑ Cette appellation regroupe des piles de techniques diverses, d'où la variabilité
- ↑ [http ://www. presence-pc. com/actualite/batterie-Li-Ion-36696/
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