Accumulateur électrique

Un accumulateur électrique est un système conçu pour stocker l'énergie électrique ainsi qu'à la restituer ultérieurement.



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Accumulateur - Composant électrique - Électrotechnique

Un accumulateur électrique est un système conçu pour stocker l'énergie électrique ainsi qu'à la restituer ultérieurement.

On peut distinguer :

  1. Les accumulateurs d'énergie convertissant l'énergie électrique dans une autre forme pour la stocker (par exemple en énergie cinétique) et , qui sont capables de la restituer ultérieurement. Voir : stockage d'énergie ;
  2. Les accumulateurs électriques fonctionnant selon les principes de l'électrostatique : bouteille de Leyde, condensateurs ;
  3. Les accumulateurs électriques fonctionnant selon les principes de l'électrodynamique : circuit bobiné ;
  4. Les accumulateurs électrochimiques, fonctionnant grâce aux réactions électrochimiques de leurs électrodes, qui assurent la conversion de l'énergie chimique en énergie électrique ;
  5. Les piles qui ne sont pas des accumulateurs électrochimiques, car elles ne sont pas rechargeables. Piles et accumulateurs électrochimiques sont des générateurs électrochimiques. Les piles fournissent la quantité d'électricité prévue à leur fabrication (aucune charge, ni préparation n'est indispensable avant utilisation).
Principe des accumulateurs électrochimiques

Généralités

La Jamais Contente, électrique, première automobile capable d'atteindre les 100 km/h.

L'énergie électrique peut par conséquent se stocker de différentes manières :

Compte tenu des limites des techniques de stockage direct de l'électricité, le mot accumulateur sert à désigner en électrotechnique essentiellement le système électrochimique.

Caractéristiques générales des accumulateurs électrochimiques

Tension électrique

La tension ou potentiel (en volt) est un paramètre important. Fixée par le potentiel d'oxydo-réduction du couple redox utilisé, elle est de l'ordre de quelques volts pour un élément. Comme en pratique des tensions plus élevées, typiquement 12, 24 ou alors 48 V et plus sont requises, il suffit pour augmenter la tension de raccorder des éléments du même type en série au sein d'une batterie d'accumulateurs. C'est sans aucun doute l'origine du terme «batterie» comme synonyme courant d'«accumulateur» et , en anglais, de «pile» ; cependant certains évoquent une autre source étymologique envisageable : l'effet de choc d'un courant électrique, comme si l'appareil électrique «battait» celui qui reçoit la décharge.

Charge électrique

La charge électrique (une quantité d'électrons, quelquefois nommée à tort dans le langage familier capacité électrique) est le plus souvent indiquée en (m) Ah ( (milli) ampère (s) pendant une heure) par le constructeur. Elle se mesure dans la pratique en multipliant un courant constant par le temps de charge/décharge, en Ah (ampère-heure) ou mAh (milliampère-heure), mais l'unité officielle de charge (SI) est le coulomb équivalent à un As (ampère pendant une seconde)  : 1 Ah = 1 000 mAh = 3 600 C ; 1 C = 1 Ah/3 600 = 0, 278 mAh. Elle n'est identique que pour des valeurs de tension identiques. Plus significative est donc :

Énergie stockée

L'énergie stockée se mesure habituellement en Wh (wattheure) mais l'unité officielle (SI) est le Joule.

1 Wh = 3 600 J = 3, 6 kJ ; 1 J = 0, 279 mWh. Le rapport entre les deux est la tension (à supposer qu'elle soit stable) par la formule :
1 Wh ↔ 1 Ah × 1 V ↔ 1 A × 1 h × 1 V (valable seulement en courant continu). En pratique inutile car la tension est variable (elle diminue par rapport à la charge), il faut juste retenir qu'une valeur Ah n'est pas identique d'un voltage nominal à l'autre.

Débit maximum

Le débit maximum, ou puissance en pointe, d'un accumulateur se mesure en ampère, ou encore en watt (1 VA = 1 A × 1 V). Il est beaucoup supérieur au débit d'utilisation courante et ne peut être maintenu sans risques.

Impédance interne

L'impédance interne, exprimée en ohm, impédance parasite qui limite le courant de décharge, mais aussi la fréquence de ce courant, en transformant en chaleur par effet Joule une partie de l'énergie restituée. En pratique, on assimile fréquemment l'impédance à l'unique résistance pure.

Charge maximale

La charge maximale supportable est mesurée en puissance instantanée de charge, par conséquent en ampère, mais est fréquemment exprimée en unité de charge, c'est-à-dire rapportée à la capacité. L'unité de charge est le rapport entre le courant de charge en A et la capacité C en Ah. Une valeur de 0, 5 C correspondant à 0, 5 A pour une capacité de 1 Ah ou à 1 A pour une capacité de 2 Ah, et dans les deux cas à une charge de 2 heures. Cette grandeur est aussi le débit maximum que peut délivrer la batterie de manière stable (fréquemment inférieur au débit de pointe).

Densité

La densité massique, ou énergie spécifique, est une des caractéristiques importantes d'un accumulateur, elle correspond à la quantité d'électricité (Ah/kg) ou d'énergie (Wh/kg) qu'il peut restituer comparé à sa masse.

La densité volumique, ou densité d'énergie, est une autre caractéristique qui peut avoir son importance, elle correspond à la quantité d'électricité (Ah/m³) ou d'énergie (Wh/m³) qu'il peut restituer comparé à son volume. On utilise plus fréquemment les Wh/dm³ soit Wh/l.

La densité de puissance en pointe, ou puissance spécifique correspond au débit ou à la puissance maximale rapportée à la masse de l'accumulateur, et s'exprime en ampère ou en watt par kilogramme (A/kg ou W/kg). De la même manière, on peut calculer la puissance rapportée au volume, moins usitée. Cette puissance spécifique est en particulier fonction de la conductivité intrinsèque de l'accumulateur, qui doit offrir le moins de résistance envisageable au courant.

Vieillissement et usure

Le vieillissement et l'usure entrainent une perte progressive de la capacité des batteries avec le temps (plusieurs années) et l'usage (plusieurs milliers de cycles de charge et de décharge).

Forme physique

La forme physique est normalisée par la Commission électrotechnique internationale (CEI) et par l'American National Standards Institute (ANSI). Cependant un certain nombre d'appellations propres aux fabricants de piles subsistent.

Différentes techniques

Plomb-acide

Article détaillé : Batterie au plomb.

La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 2, 25 V. Il s'agit du dispositif le plus ancien, mais également potentiellement l'un des plus polluants. C'est le système de stockage d'énergie électrique utilisé dans la majorité des véhicules automobiles.

Batterie plomb, gel-acide, étanche, 12V 7Ah

Ni-Cd (nickel-cadmium)

Article détaillé : Accumulateur nickel-cadmium.
Accus Ni-Cd divers

La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 1, 2 V. Ce couple électrochimique fait partie des plus fréquemment utilisés depuis plusieurs décennies pour fabriquer des batteries d'accumulateurs alimentant les appareils portatifs. Ce type d'accumulateur possède un effet mémoire, ce qui impose leur stockage dans un état déchargé (0, 6 V). La fin de charge est caractérisée par une variation de la tension de charge (dv/dt) négative. C'est ce seuil qui est détecté par les chargeurs automatiques de qualité pour arrêter la charge.

Comparé au Ni-MH, le Ni-Cd peut supporter des pointes de courant en décharge plus importantes (de l'ordre de 100 fois) mais sa décharge naturelle est bien plus rapide que celle du Ni-MH. Le cadmium est particulièrement polluant. Ce type d'accumulateur permet un nombre de cycles charge/décharge plus important que les accus Li-ion et bien plus important que les Ni-MH (durée de vie supérieure).

Notons enfin que l'augmentation énorme des cours du nickel ces dernières années a relancé le marché de ce type d'accumulateurs dans ses usages industriels (applications aéronautiques, ferroviaires, stationnaires).

Ni-MH (nickel-métal hydrure)

Article détaillé : Accumulateur nickel-métal hydrure.

La tension nominale d'un élément accumulateur de ce type est de 1, 2 V. Ce type d'accumulateur n'incorpore ni cadmium ni plomb et est par conséquent peu polluant. Qui plus est , son énergie massique est supérieure de 40 % à celle des Ni-Cd et son effet mémoire est particulièrement faible.

La fin de charge est caractérisée par une variation de la tension de charge (δv/δt) particulièrement faiblement négative. C'est ce seuil qui est détecté par les chargeurs automatiques de qualité pour arrêter la charge.

Ni-Zn (nickel-zinc)

Article détaillé : Accumulateur nickel-zinc.

Le NiZn est un couple connu depuis longtemps, mais qui n'avait pu être industrialisé de manière significative, à cause d'une particulièrement faible durée de vie en cyclage.

Ce problème est actuellement complètement résolu par une nouvelle technique développée en France entre 1998 et 2005.

Le NiZn forme désormais un dispositif à la fois d'énergie et de puissance, aux performances supérieures à celles du NiCd et du NiMH. Il accepte des régimes élevés de charge et de décharge. Sa tension nominale est de 1, 65 V. Le NiZn est un accumulateur robuste, fiable et idéalement sûr, fonctionnant en mode sans maintenance (étanche).

Sa durée de vie en cyclage est équivalente à celle du NiCd, son autodécharge et son effet mémoire sont inférieurs.

Le NiZn est de fabrication plus économique que les autres accumulateurs alcalins (NiCd et NiMH). Il ne contient aucun métal lourd, et il est facilement et totalement recyclable en fin de vie.

Lithium

Article détaillé : Accumulateur lithium.

Les accumulateurs à base de lithium sont d'une technique récemment mise au point et en cours de développement intense, présentant un très important potentiel électrochimique.

Accumulateur LiPo de téléphone GSM

On peut distinguer la technique lithium métal où l'électrode négative se compose de lithium métallique (matériau qui pose d'importants problèmes de sécurité), et la technique lithium ion, où le lithium reste à l'état ionique grâce à l'utilisation d'un composé d'insertion autant à l'électrode négative (généralement en graphite) qu'à l'électrode positive. Les problèmes de sécurité demeurent (prise de feu) en cas de surcharge, de décharge trop rapide ou de court-circuit. Les accumulateurs lithium-ion sont fréquemment remplacés par les accumulateurs lithium polymère délivrant légèrement moins d'énergie, mais bien plus sûrs. [1]

La durée de vie de ces accumulateurs n'est que de 2 à 3 ans après fabrication, indépendamment du nombre de cycles de charges. [2]

Le potentiel le plus commun d'une cellule au lithium-ion est de 3, 7 V.

Pile alcaline

Article détaillé : Pile alcaline.

Contrairement aux mentions inscrites sur leurs emballages, les piles alcalines «non rechargeables» peuvent elles aussi être régénérées partiellement. Mais uniquement avec un chargeur adapté à cet usage. Les chargeurs standard (Ni-MH ou Ni-Cd) utilisent des méthodes de charges non appropriées qui rendent l'opération dangereuse, pouvant aller jusqu'à l'explosion de la pile ou du moins la destruction du conteneur avec fuite des produits acides. D'ailleurs, par sécurité et de façon générale, chaque chimie nécessite une méthode de charge spécifique par conséquent un chargeur compatible. Pour votre sécurité, demandez l'avis d'un spécialiste.

Certes, les alcalines subiront un nombre de cycles moins grand qu'un accumulateur, même en restant dans les conditions parfaites de réversibilité de la réaction chimique (en particulier, en ne déchargeant jamais les éléments à moins de 1, 25 V), il est envisageable de les régénérer quelques dizaines de fois. En conséquence, cette possibilité est méconnue du grand public, d'autant qu'elle est réservée aux amateurs avertis des contraintes. Qui plus est , cela ne peut être valable que pour certains usages.

Alcaline rechargeable

Il existe depuis les années 2000 une version perfectionnée dite alcaline rechargeable, particulièrement conçue pour être rechargée de nombreuses fois. Ce produit est manufacturé surtout par une société canadienne[3]. Elle est disponible dans le commerce de façon presque confidentielle.

Ce type de piles alcalines est spécifiquement adapté aux appareils qui ne déchargent ni trop vite, ni trop profondément leurs accumulateurs. Mais elles peuvent servir d'accu de secours grâce à la longue durée de conservation de la charge hors utilisation.

Brome

Actuellement au stade de prototype, les accumulateurs à base de brome seront certainement réservés aux installations fixes car ils nécessitent la circulation de l'électrolyte et , qui plus est , le brome est spécifiquement dangereux.

Les couples étudiés sont : sodium-brome, vanadium-brome et zinc-brome.

Tableau comparatif des différentes techniques[4], [5]

Type Densité massique en Wh/kg Densité volumique en Wh/l Tension d'un élément Puissance en pointe (massique) en W/kg Durée de vie
(nombre de recharges)
Autodécharge par mois
Plomb/acide 30 - 50 75 - 120 2, 25 V 700 400 - 800 5 %
Ni-Cd 45 - 80 80 - 150 1, 2 V  ? 1 500 - 2 000 > 20 %
Ni-MH 60 - 110 220 - 330 1, 2 V 900 800 - 1 000 > 30 %
Ni-Zn 70 - 80 120 - 140 1, 65 V 1 000 > 1 000 > 20 %
Na-NiCl2
(ZEBRA)
120 180 2, 6 V 200 800 → 100 % (12 %/jour)
Pile alcaline 80 - 160  ? 1, 5 - 1, 65 V[6]  ? 25 à 500 < 0,3 %
Li-ion 90 - 180 220 - 400 3, 6 V 1 500 500 - 1 000 10 %
Li-Po 100 - 130  ? 3, 7 V 250 200 - 300 10 %
Li-PO4 (lithium phosphate) 120 - 140 190 - 220 3, 2 V 800 2 000 5 %
LMP (lithium metal polymer) 110 110 2, 6 V 320  ?  ?
Li-Air 1 500 - 2 500  ? 3, 4 V 200  ?  ?
Ni-Li[7] 935  ? 3, 49 V  ?  ?  ?

L'accumulateur Li-Po (lymère) est moins performant que le Li-ion mais fabriqué différemment. Il prend moins de place que le Li-ion. Donc une batterie Li-Po de même taille qu'une batterie Li-ion possède une capacité plus importante. Le tableau précédent donne le rapport entre l'énergie stockée (les Wh) et la masse de la batterie (en kg). Or, une batterie Li-Po est plus dense qu'une Li-ion, d'où la différence.

Voir aussi

Notes et références

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