Centre de télécommunication spatiale de Pleumeur-Bodou

Suite au lancement par les Soviétiques du premier satellite artificiel de l'histoire, Spoutnik, les Américains veulent une revanche et décident de lancer le programme'Telstar'conçu pour relier les deux continents.



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France Télécom - Patrimoine industriel - Patrimoine du XXe siècle - Réception de la télévision satellitaire - Histoire des télécommunications - Antenne - Composant électrique - Électrotechnique

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  • Elle comprend une première antenne, le "Radôme", conçue en 1961 et 1962 pour le Centre National de Télécommunications Spatiales par la société... Vue générale du site de la station de télécommunications spatiales... Pleumeur - Bodou, Les moulins et stations de télécommunications sur la commune de Pleumeur - Bodou... (source : )

48°47′05″N 3°31′00″O / 48.78472, -3.516667 Le centre de télécommunication spatiale de Pleumeur-Bodou (CTS), localisé dans les Côtes-d'Armor, en Bretagne, est à l'origine de la première transmission télévisée en mondiovision via le satellite «Telstar» dans les années 1960[1].

Histoire

La première liaison télévisée Intercontinentale au monde…

Le menhir inauguré par De Gaulle, en 1962

Suite au lancement par les Soviétiques du premier satellite artificiel de l'histoire, Spoutnik, les Américains veulent une revanche et décident de lancer le programme'Telstar' (téléphone des étoiles) conçu pour relier les deux continents (Europe-États-Unis). Le programme Telstar sera développé conjointement par AT&T et par Bell Labs. , ils concevront dans la foulée la station terrestre servant à faire les essais à Andover dans le Maine.

Zoom sur l'inscription.

Il est indispensable de disposer de deux sites de part et d'autre de l'Atlantique pour que la liaison soit opérationnelle. Il faudra par conséquent mettre en place de chaque côté de l'Atlantique des stations relais ("Earth Stations"). Un accord sera signé en ce sens, en avril 1961 entre la NASA, BPO et le CNET. Particulièrement tôt la France s'intéressera au projet car elle entrevoit déjà la possibilité de capter du trafic téléphonique & TV mondial et par conséquent un certain bénéfice commercial. Le gouvernement français de l'époque (Charles de Gaulle), ayant par conséquent décidé de s'investir dans le projet, donne son feu vert pour la création d'une station relais. La course est lancée.

L'Angleterre par l'intermédiaire du BPO (British Post-Office), se joint au mouvement en construisant à son tour sur son territoire une station relais à Goonhilly Downs (50°02′53″N 5°10′55″O / 50.04806, -5.18194).

Sous l'impulsion de Pierre Marzin, breton d'origine et directeur du CNET à l'époque, il est décidé fin août 1961 de construire le radôme (contraction du mot : «radar» et de «dôme») [2]. Le temps étant compté pour débuter les expérimentations, il est décidé d'acheter et d'utiliser la technologie américaine pour construire la station relais française ; les États-Unis d'Amérique apporteront la technologie, la France construira le site et les infrastructures. Pleumeur-Bodou en Bretagne ayant un sol spécifique (roche granitique), une localisation spécifique (absence de perturbations électromagnétiques), un horizon particulièrement dégagé et une proximité des laboratoires du CNET de Lannion, font que ce site sera choisi 48°47′10″N 3°31′26″O / 48.78611, -3.52389.

La mire reçue à 00H47…

Après un chantier de neuf mois conduit par la CGE (Compagnie Générale d'Électricité) en un temps record pour construire la base et l'enveloppe en Dacron™ du radôme, le site est enfin prêt. 8 000 m³ de terrassement dont 3 000 m³ de rocher, 4 000 m³ de béton et 276 tonnes d'acier seront nécessaires pour construire la première station. Malgré les difficultés techniques de dernières minutes et un temps exécrable au cours de la construction les techniciens de la CGE réussissent leur pari et livrent le site à la date prévue. On peut dire que le CTS à vu le jour à cette époque.

Un pylône de collimation de 200 mètres de haut sera même érigé sur l'île Losquet, une île proche de l'île-Grande, pour tester les équipements électroniques, les radars et la poursuite de la nouvelle antenne cornet ; un «répondeur» étant fixé au sommet et conçu pour «simuler» le passage du satellite Telstar. Le 7 juillet 1962, l'antenne cornet est enfin prête à fonctionner soit trois jours avant le lancement de Telstar.

Le 11 juillet 1962, à 0H47, la commune est le théâtre de la première télécommunication transatlantique (images télévisées) en direct par satellite entre Andover (États-Unis) et Pleumeur-Bodou. 190 techniciens auront la primeur, cette nuit là, de voir la première transmission «mondiovisée» au monde.

Le général de Gaulle viendra inaugurer ce nouvel outil de télécommunication le 19 octobre 1962 sur invitation de Pierre Marzin, ainsi qu'à cette occasion, un menhir gravé dressé devant le radôme sera inauguré aussi ce jour là pour commémorer cet événement.

L'antenne du radôme restera en service jusqu'en 1985 puis deviendra en 1991 l'attraction de la Cité des Télécoms. Le radôme est classé monument historique depuis le 29 septembre 2000. Il faut aussi savoir que cette antenne est la dernière au monde existante, en effet, le second radôme construit comme une copie conforme aux États-Unis dans l'État du Maine (44°38′48″N 70°45′27″O / 44.64667, -70.7575) a actuellement disparu, démantelé par les États-Unis.

L'expansion des services, la course technologique…

Le CTS poursuivra son expansion par conséquent, au fil du temps ; suite à la formation de divers consortiums internationaux conçus pour faciliter le développement des liaisons satellitaires entre les nations (INTELSAT au niveau mondial et EUTELSAT au niveau Européen), les années suivantes verront la création de plusieurs antennes paraboliques servant à tisser un réseau de télécommunication satellitaire mondial.

Pendant longtemps, le CTS restera le principal centre de télécommunication pour les liaisons vers l'étranger. en 1978, il sera secondé, en France, par un autre site toujours en activité : Bercenay-en-Othe, dans l'Aube. Grâce au savoir-faire en matière de télécommunications spatiale, la France installera plusieurs stations terriennes, à l'image de Pleumeur-Bodou, aux quatre coins du monde.

La Fin…

L'annonce brutale de la fermeture du CTS et de l'IRET SNE (Formation), en janvier 1999 par France Telecom, génèrera de forts mouvements sociaux sur Lannion et sa région[3].

Le CTS n'étant plus compétitif dans le domaine des transmissions de données, concurrencé par la montée de l'ADSL et le nouvel essor des fibres optiques dans les câbles transatlantiques, conduira à la fermeture progressive à partir de 1999 et ce, jusqu'en mai 2003.

Chiffres clés

Vue du restaurant du CTS depuis PB3…

Directeurs du CTS de 1962 à 2003

Nom De A
M. Alain Le Bihan 1962 197?
M. Michel Popot 196? 1974
M. Jean-Pierre Colin 1974 1985
M. Robert Petit ?? 1988
M. Bernard Druais 1985 1989
M. Jean Andraud 1990 1994
M. Bernard Bertrand 1995 1999
M. Christian Pigny 2000 2001
M. Claude Le Guellec 2002 2003

Rappels sur les technologies utilisées dans la période : (1962-1985)

Synoptique liaison satellite

'Telstar', le premier satellite de télécommunication

C'est le premier lancement de satellite de télécommunication (Telstar 1) a une altitude de 5 632 km (apoapside) et de 952 km (périapside). Il s'agit par conséquent du premier «satellite à défilement» de l'histoire : il n'est par conséquent pas géostationnaire. Il n'est visible simultanément d'Andover et de Pleumeur que par période de 20 minutes [4].

La taille des paraboles

Il faut aussi rappeler que lors de l'installation des antennes (1973→1985), on travaillait essentiellement en Bande C (fréquences d'environ 4 gigahertz), ce qui nécessitait des paraboles importantes pour les émissions/réceptions sur ces fréquences. Les ateliers grenoblois "NEYRPIC" (Neyret-Beylier et Piccard-Pictet) devenus Alstom, depuis.. et les ateliers "AMP", ont assuré la conception/construction des paraboles de Pleumeur-Bodou. Les premières antennes posées à Pleumeur devaient avoir une parabole importante pour gagner du «gain d'antenne» en réception, pour s'affranchir au maximum d'équipements (amplis paramétriques + cuves à hélium) à refroidissements liquides, lourds et contraignants. Exemple : PB4 en 32, 50 mètres sert à faire travailler des amplis paramétriques à température ambiante. La taille des paraboles ira en diminuant avec les années ; On mesurera les progrès accompli entre PB1 (1962) et PB8 (1998).

La diffusion vers les satellites

Pour information, le signal au départ du satellite était augmenté à un niveau de (+30 dBm) (Décibels par Milliwatts). En tenant compte de la perte de puissance du signal au cours du transfert vers le sol : -190 dBm, lors de l'arrivée sur terre, les signaux devaient être correctement augmentés (gain de la parabole : -60 dBm + gain de l'amplificateur paramétrique faible bruit : -60 dBm), pour être exploitables par la station de Pleumeur-Bodou. L'amplificateur paramétrique étant techniquement limité au niveau du gain, seule la taille des paraboles permettait par conséquent de gagner de précieux décibelsConversions Watts/Dbm/Volts Rappelons aussi que les satellites de l'époque étaient loin d'égaler en termes de puissance d'émission, en termes de taille de parabole et en termes de "PIRE", les performances des satellites actuels. Ce fait est à mettre en relation avec le discours sur les tailles de paraboles du CTS. Les liaisons satellite étaient retransmises en analogique jusqu'en 1985, en analogiques et en numérique jusqu'en 1988, et entièrement numérisées après cette date.

Les émetteurs H. F

Les émetteurs HF de PB7 par exemple, étaient d'une puissance de 3 kilowatts (en puissance maximum) sur la bande de fréquence SHF (5 825 à 6 425 MHz). Les émissions se faisant sur plusieurs porteuses, pour éviter des problèmes d'interférences, le niveau d'émission était réduit de 6 dB, ce qui ramenait la puissance utile par émetteur à 750 watts. Les émetteurs du CTS était «bridés» à 200 watts.

Les huit émetteurs par antennes consommaient chacun 15 kVA (kilovoltampère), la puissance consommée s'élevait par conséquent à 120 kVA.

Pour les antennes 32 m (PB6/PB3/PB7/PB4), la puissance totale indispensable était par conséquent de : 480 kVA.

Les antennes PB3/PB4/PB6/PB7/PB8/PB10 émettaient en «double polarisation circulaire», servant à doubler la bande passante disponible, tout en gardant la même puissance d'émission.

Les amplis de puissance (émetteurs) étaient de deux types :

Les émetteurs étaient couplés à la source et pouvaient par conséquent émettre en même temps (par exemple x circuits téléphoniques avec un ou plusieurs émissions TV).

Chaîne d'émission

Opérations réalisées au cœur du bâtiment principal :

Opérations réalisées au niveau de la parabole :

Modes de Transmissions

On peut raisonnablement parler de deux périodes concernant la transmission satellite :

L'AMRT est un mode de transmission en numérique. Chaque transmissions en AMRT mobilisait un transpondeur à 72 MHz sur le satellite.

Le débit d'une transmission en AMRT était de 120, 832 Mb/s.

Un autre mode de transmission numérique : IBS (intelsat business service) /IDR (intermediate data rate) était aussi disponible : transmission par plusieurs porteuses à 2Mb/s (modulable selon besoins de 9, 6 kb/s à 9, 312 Mb/s) pour différents flux ; on divisait la bande passante transpondeur du satellite par tout autant de canaux IBS/IDR.

Classes et types d'antennes

Poursuites

Pupitre de commande déportée, de poursuite satellite de l'antenne PB3. La poursuite principale étant localisée dans l'embase de l'antenne.

Il ne suffit pas de pointer un satellite, toujours faut-il le suivre lors de ses infimes déplacements, un système de poursuite est alors indispensable. L'objectif d'un tel dispositif est de mesurer en permanence l'écart entre le signal reçu et le signal optimal ; après avoir calculé la différence, le dispositif de poursuite envoyait des «ordres» aux asservissements pour corriger par des mouvements mécaniques, le pointage vers le satellite visé.

PB2 utilisait une poursuite dite «Monopulse», qui par l'intermédiaire de deux mesures faites dans l'axe du cornet, calculait la dérive du pointage. À partir de PB3 et pour les autres antennes, on utilisera une poursuite du type «Extracteur de Mode», utilisant une platine d'écartométrie [5] (on mesure les variations de vitesse du champ électromagnétique de l'onde rentrant dans le guide d'onde, au niveau du cornet et on en déduit une correction). [6]

Services INTELSAT

Article détaillé : Intelsat.

Classes Intelsat

La Classe Intelsat est une norme concernant les antennes des stations terrestres, fixée suivant les besoins par l'opérateur Intelsat :

Rappel sur le spectre radio-fréquence

Les Antennes du CTS

Les antennes sont appelées PB ('X'), le ('X') désignant l'ordre de mise en route des antennes lors de la construction du site. PB1 sert à désigner par conséquent l'antenne Cornet + son radôme, etc. La majorité des antennes apparaissant sur les photos satellite et aériennes du site ci-dessous prises en 2003 et 2005, citées dans cet article n'existent plus actuellement, en 2008. Les antennes sont toutes désormais hors service actif, elles sont positionnées en «position de survie», pointées au zénith, à la verticale (90 °), de manière à minimiser leur prise au vent. Il n'y a plus aucune maintenance technique sur les antennes.

Il faut aussi savoir que les antennes étaient toutes reliées au bâtiment central par des liaisons coaxiales, pour piloter les équipements à distance. Pour PB2, par exemple, les liaisons en émission se faisaient à 70 MHz, la réception se faisant en 2 bandes à 300 MHz et 600 MHz. À partir de PB3 on utilisera des guides d'ondes de section elliptique, pour transporter le signal vers le bâtiment principal.

Liste des antennes sur le site

PB1/ "Le Radôme"

L'antenne cornet PB1 : «La Grande Oreille»

PB1 fut la première antenne mise en service en 1962 : c'est en fait le nom de l'antenne Cornet sous le radôme. Pour positionner l'antenne cornet avec une extrême précision (3/100e de degré) on utilisait une première "antenne traqueur" d'acquisition, servant à repérer le satellite à suivre avec une précision de 10°, l'acquisition du signal balise satellite étant réalisée en VHF (136 MHz) par cette antenne, une deuxième antenne de tracking (antenne traqueur de précision), permettait alors de verrouiller totalement le satellite au 15/1000e de degrés près. La totalité était piloté par des calculateurs IBM 1620 qui repositionnaient le tout, l'ensemble des 4 secondes, en utilisant de puissants servomoteurs pour aligner l'antenne.

Deux moteurs Vickers étaient utilisés pour faire pivoter, via une démultiplication, la roue dentée de positionnement en élévation de l'antenne ainsi l'antenne pivotait sur son axe horizontal, la rotation sur l'axe vertical d'azimut (vertical) étant assuré par d'autres moteurs. L'antenne mettait 4 minutes, 20 secondes pour faire un tour complet sur elle-même.

Émission

PB1 utilisait pour la première fois en France, à cette époque, un "tube à ondes progressives" de 2 kW, pour l'émission, la technologie de guides d'ondes venant à cette époque d'être mise au point par les laboratoires de la CGE de Marcoussis.

Réception

Le cœur de réception de l'antenne cornet était constitué d'une part par 1200 cartes électroniques, et d'un Maser, chargé d'augmenter au niveau «quantique», les ondes électromagnétiques reçues. Le Maser devait pour fonctionner correctement, être maintenu dans un bain d'hélium liquide à --269 °C [4], changé l'ensemble des huit heures, ceci pour diminuer au maximum le bruit de fond. La totalité étant aussi plongé dans une cuve à azote liquide à --196 °C.

Le Radôme

L'architecte Plunnett Milton est l'architecte qui a conçu le radôme, la société américaine "Bird Air Inc. " l'a construit (enveloppe). Un premier radôme provisoire d'un poids de 7 tonnes fut posé en 1962, radôme qui se déchira au cours d'une tempête un mois après sa pose. Un second radôme provisoire fut par conséquent posé en avril 1962, dans l'attente de la pose du radôme définitif (actuel), fin juillet 1962. Le premier radôme provisoire était reconnaissable sur les photos d'archives, à la "verrue" présente sur ce dernier. L'enveloppe du radôme en Dacron de 1, 7 mm est gonflée sous pression de 4 millibars, d'air déshumidifié et de chaleur constante. La première chaufferie était localisée sur la gauche du bâtiment principal du CTS, vue du ciel (côté route). L'air était acheminé grâce à une tuyauterie souterraine vers le radôme (on voit toujours la trace de la tranchée sur la photo aérienne). La nouvelle chaufferie se situe derrière le radôme, l'ancienne est destinée aux bâtiments principaux. L'enveloppe était aussi «sur-pressurisée» en cas de tempête, pour mieux résister au vent. L'enveloppe pèse 27 tonnes, et reçoit 6 tonnes de peinture à l'Hypalon   (en) , régulièrement (tous les 5 ans) pour entretien.

PB2

  • Date de mise en service : 29 septembre 1969[7]
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 1979
  • Hauteur : ?? mètres
  • Diamètre : 27, 5 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB2 de création française, par opposition à PB1 qui était de création américaine, fut une antenne de compromis : elle devait pouvoir indifféremment suivre des satellites à défilement, comme des géostationnaires. C'était la suite de PB1 mais en parabolique (27, 5 mètres de diamètre), utilisée pour les télécommunications vers le Japon. Cette antenne avait des moteurs hydrauliques lui servant à suivre les satellites à défilement comme PB1 (NDR : on en était toujours à se poser la question de la faisabilité des géostationnaires).

À leur apparition, on a remplacé les moteurs de PB1 car sa structure le permettait, mais pas ceux de PB2 qui sont restés en service jusqu'à son démontage.

Cette antenne ne nécessitait pas de radôme de protection, à la différence de PB1. Pourtant, il apparait particulièrement vite aux yeux des responsables que les performances attendues ne sont pas au rendez-vous : l'antenne, ayant même été baptisée du sobriquet : "PB -2" ou "DB 2" du fait de la perte notable de gain (-2 dB) ![8]

Cette antenne sera particulièrement vite remplacée par PB10 sur même embase à la fin des années 1970. PB2 était équipée au foyer de la parabole de 4 cornets pour la réception, surmontés par un petit dôme de mylar, pour les protéger des intempéries. La source d'émission était localisée dans la parabole, mais aussi les amplificateurs paramétriques et les cuves à hélium.

PB3

  • Classe : Intelsat 3
  • Date de mise en service : 1973
  • Date de mise hors-service : 2003
  • Hauteur : 35 mètres
  • Diamètre : 30 mètres
  • Poids : à peu près 300 tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB3 introduit un nouveau concept : l'antenne avec bâtiment intégré, à la différence des deux précédentes à l'époque. Cette antenne, à la différence de PB2 juste avant, était particulièrement conçue pour les satellites géostationaires. [9]

L'antenne contenait une salle-cabine sous la coupole avec deux cuves à hélium à l'arrière.

La cabine au sol contenait les alimentations haute-tension pour les émetteurs. La salle sous la coupole, contenait les récepteurs HF et les armoires de commandes.

PB3 disposait d'un ascenseur, avec un escalier tournant autour de la cage. Nota : pour faire un tour complet l'antenne mettait 10 minutes, avec un angle de rotation maximum de 355 °. PB3 avait 2 types de moteurs au niveau des roulements de contact sol : moteurs à courants continus + moteurs à courants alternatifs antiparasités, un dispositif rendu indispensable pour compenser l'imprécision "mécanique" de la totalité. PB3 était aussi l'antenne de "secours" pour l'ensemble des autres antennes du site. PB3 avait aussi pour vocation d'être secours pour les câbles TAT.

PB4

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1976
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 2006
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32, 50 mètres
  • Poids : 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

Avec l'arrivée de PB4 sur le site, on constate un changement d'architecture pour les antennes, la source d'émission jusque là incorporée au creux de la parabole (PB1/PB2/PB3), se trouve désormais à l'intérieur du bâtiment support en béton. Un ingénieux dispositif de "périscope" contenant des miroirs inclinés à 45 ° à chaque coude, servant à renvoyer le signal jusqu'au équipements électroniques.

Première antenne du site à avoir une taille aussi gigantesque (32, 50 mètres !), cette antenne était utilisée par le consortium Intelsat pour les télécommunications vers l'Afrique.

PB4 utilisait la transmission en TDMA (en français : l'AMRT (Accès Multiple par Répartition de Temps) pour envoyer les informations ; elle "partageait" le temps de connexion avec le satellite, avec d'autre sites européens (Allemagne, Angleterre, etc. ). Cette antenne a failli être sauvée de la destruction, son état étant en effet moins dégradé que PB6. Malgré un avis défavorable des architectes des bâtiments de France, souhaitant conserver cette antenne, elle a malgré tout été détruite en 2006.

Symphonie / PB5

Renommée plus tard PB5, connue sous le nom "antenne Symphonie, à l'époque".

  • Classe : Intelsat B
  • Date de mise en service : 1974
  • Date de mise hors-service :
  • Illumination : Cassegrain
  • Hauteur : 18, 70 mètres
  • Diamètre : 16, 50 mètres
  • Poids : ?? tonnes

Avant d'être renommée PB5, cette antenne était, au départ, en particulier dédiée aux télécommunications vers les satellites Télécom 1-A et Télécom 2-B dans le cadre du programme satellitaire Symphonie.

Cette antenne est l'unique du site à avoir une monture azimutale, au contraire de ses consœurs qui elles avaient toute une monture équatoriale.

L'antenne fut ensuite dédiée à la réception INMARSAT (INternational MARitime SATellite). En effet, l'année 1982 voit le lancement du dispositif de communications mobiles par satellite'Inmarsat'par le consortium international du même nom.

Le service est offert aux clients grâce à quatre satellites géostationnaires localisés à 36 000 km au-dessus de l'équateur, couvrant chacun une région océanique : /Océan Atlantique Est (AORE) /Océan Atlantique Ouest (AORW) /Océan Indien (IOR) /Océan Pacifique (POR).

Le standard Analogique Inmarsat-A, lancé en 1982, est dédié aux marins.

Avec son successeur : Inmarsat-B, premier service de télécommunication numérique maritime, les navigateurs des zones concernées avaient accès à des communications voix, fax, Télex et données de 9, 6 kbit/s à 64 kbit/s. Le CTS via son antenne de Pleumeur assurait les liaisons pour deux zones du monde : AORE et AORW, le haut-débit (HSD) n'étant accessible que pour la région AORE.

Devenu obsolète au regard des nouvelles solutions de télécommunications modernes, le service Inmarsat-A est fermé fin 2007. Le CTS a aussi démarré le service Inmarsat-C en première mondiale en 1990 : l'exploitation sur site aura duré 4 ans, la station fonctionnait en mode "Store and Forward". Suite à des choix financiers, le service sera transféré en 1994 sur Issus Aussaguel à cause de choix technologiques : Changement de constructeur d'équipements (Thrane au lieu de Hughes Network). La liaison Inmarsat se faisait sur une bande de fréquence comprise entre 1, 525 et 1, 6605 GHz. PB5 était équipée d'un réflecteur Cassegrain (voir photo, plus bas, dans la galerie) à double polarisation : quand cela était indispensable, on devait faire pivoter le réflecteur d'1/4 de tour, pour changer la polarisation du signal transmis/reçu par la parabole.

PB6

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1983
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : octobre 2007
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32, 50 mètres
  • Poids : 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

Comme PB4, PB6 était reconnaissable grâce à son gros "périscope" (guide d'onde) pour la liaison parabole/bâtiment, PB6 était localisée le long de la route qui borde le CTS. PB6 servait pour les liaisons numériques entre l'Europe et les États-Unis/Canada.

Lors de la vente du CTS par France Télécom vers Lannion Trégor Agglomération (LTA), il était prévu que France Télécom conserve pour la partie musée du site, les antennes PB6 et PB8. Après une expertise commandée par France Télécom, expertise concluant à un état particulièrement détérioré de PB6 ; il a été convenu que la société se séparerait de cette antenne, les coûts prohibitifs de remise en état (3 000 000 € pour remise en sécurité, plus 5 000 000 € pour sa remise en service) ayant définitivement condamné l'antenne. [10]

"PB6" a été démantelée en octobre 2007.

PB7

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1988
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 2006
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32, 50 mètres
  • Poids : à peu près 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : AMP/SICMO

Dernière née des 32, 50 mètres, PB7 était localisée à gauche de PB10 sur la photo satellite, par conséquent avant-dernière à droite ; On pouvait reconnaitre aisément cette antenne de par sa structure différentes des autres grandes antennes du site, en effet c'était la première antenne du site construite par AMT/SICMO, autre différence physique : PB7 avait ses contrepoids à l'arrière, ce qui lui donnait l'air d'avoir des "ailes de papillon".

PB7 a particulièrement vite remplacé PB2 pour les communications vers l'Asie, d'ailleurs l'antenne était fréquemment tournée vers l'est et pointait particulièrement bas, au niveau de l'horizon, parabole presque à la verticale. Cette antenne utilisait aussi de l'AMRT (TDMA) pour ces transmissions.

PB8

  • Date de mise en service : 1989
  • Date de mise hors-service : 1999
  • Hauteur : 18 mètres
  • Diamètre 13 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB8 était dédié aux transmissions vers le continent Américain, elle était aussi en Secours Inmarsat PB5.

PB9

  • Date de mise en service :
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement :
  • Hauteur : ?? mètres
  • Diamètre 13 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB9 était une antenne dédiée aux transmissions de données Inmarsat utilisant la (bande C - 13M).

Elle était localisée à gauche de PB5 (en vue de face).

Cette antenne est actuellement démantelée.

PB10

  • Date de mise en service : 1979
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 200?
  • Hauteur : ?? mètres
  • Diamètre 16 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB10 était localisée à l'extrême droite de la photo.

PB2 a été remplacée par PB10 sur la même embase.

PB10 essentiellement utilisée dans le cadre du programme Intelsat, était aussi dédiée aux télécommunications vers les satellites Télécom 1-A et Télécom 2-B dans le cadre du programme satellitaire Symphonie.

PB11

  • Date de mise en service :
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement :
  • Hauteur : ?? mètres.
  • Diamètre 13 mètres.
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

PB11, comme PB9, était aussi dédiée au transmissions de données Inmarsat (bande C - 13M).

Cette antenne était localisée à droite de la grande antenne PB5. Elle est actuellement démantelée.

TTC&M / PB12

  • Date de mise en service TTC&M :
  • Date de mise hors-service TTC&M : 1990
  • Date de mise en service PB12 : 1990
  • Date de démantèlement : ???
  • Hauteur : ?? mètres
  • Diamètre : 14 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : Neyrpic

Après avoir remporté l'appel d'offre lancé par Intelsat concernant le marché de la supervision des satellite, France Télécom érigea sur le site l'antenne TTC&M.

L'antenne TTC&M (Tracking Telemetry Control & Monitoring) était utilisé sur demande, pour faire du relevé, de la télémétrie, des tests de positionnement sur les satellites en orbite pour le compte d'Intelsat. Les mesures étaient faites sur demande d'Intelsat et renvoyée à l'Intelsat Satellite Control Center à Washington, États-Unis.

La raison d'être de TTC&M était d'aider INTELSAT, qui plaçait des satellites en orbite géostationnaire, à maintenir ces satellites à l'altitude, à l'endroit et dans la configuration appropriés pour assurer un service de communications international sans interruption[11]. Les données récoltées en provenance des satellites étaient utilisées pour déterminer l'attitude, la dérive, l'inclination, la position et la condition générale de chaque satellite.

En outre, les données étaient employées pour apporter des prévisions de pointage d'antenne exigées par l'ensemble des stations terrestres pour localiser et "traquer" les satellites. Inversement, en coordination avec la direction de l'ISCC, les techniciens de TTC&M transmettaient les commandes qui commandaient la vitesse du satellite, l'attitude, l'inclination orbitale, les configurations des dispositifs de communications à bord et les dispositifs d'alimentation embarqués, les moteurs d'apogée.

Au terme de l'accord de contrat avec Intelsat, l'antenne TTC&M a changé d'activité pour se repositionner comme les autres antennes du site, à savoir : le trafic de données et la télévision, et a par conséquent été renommée PB12 à ce moment-là.

Cette antenne est actuellement démantelée. Une page web sur une antenne TTC&M : TTC&M

Antennes Traqueurs (Acquisition et Précision)

Antennes dédiées au repérage de satellites pour le compte de PB1.

Le traqueur d'Acquisition était utilisé par le radôme pour localiser grossièrement (à +- 10 °) le satellite visé, en faisant une première acquisition du signal sur 136 MHz.

Le traqueur de précision était quant à lui utilisé juste après, il se verrouillait sur la fréquence 4080 Mhz, en provenance du satellite et fournissait les données de précision pour le repérage au 15/1000 de degré près, à l'antenne Cornet. L'antenne utilisée était basé sur un matériel militaire américain (antenne radar Nike-Herculès) [12] avec parabole de 3 mètres de diamètre.

Ce dispositif de poursuite combinant ces 2 antennes était par conséquent découplé de l'antenne de réception, à l'inverse de ce qui se fera avec les autres antennes du site. Ces traqueur servaient par conséquent dans le cas des satellites à défilement.

Cette antenne était localisé (comparé à la carte satellite), au-dessus de PB4 et en dessous de TTC&M, désormais elle est en exposition dans la cour du radôme, au cœur du musée.

L'antenne traqueur acquisition était accompagnée, au même lieu par trois paraboles (démantelées), utilisées pour la formation sur TTC&M. L'antenne traqueur de précision était localisée non loin du premier traqueur, elle avait la forme d'un mini-radôme, et localisée sur le toit d'un petit bâtiment, démantelé actuellement, il ne reste aucune trace de cet équipement.

Antennes Bande L

Les antennes de bande L étaient 3 petites antennes localisée devant PB9.

Elles étaient utilisées dans les transmissions de données pour Inmarsat. Elles sont actuellement démantelées.

Pylônes

Plusieurs pylônes furent installés sur le site ; l'un côté PB2 (Pylône GSM) toujours en activité, l'autre localisé après PB3 le long de la route vers PB7, servait pour les radio-amateurs (aujourd'hui démantelé) et disposait d'une station météo, pour les antennes.

L'alimentation électrique du site

Le site du CTS disposait d'une arrivée 20 000 volts derrière le radôme.

Depuis cette cabine, la moyenne-tension était renvoyée sur le bâtiment énergie Primaire, localisé au cœur du site, devant l'accueil du CTS. À l'intérieur, le bâtiment disposait de trois groupes électrogène d'une puissance de 1500 kVA. Cette énergie était ensuite re-distribuée par une boucle 20 000 Volts enterrée, qui parcourait tout le site (on peut toujours apercevoir les chemins de câbles bétonnés, gravés du sigle "H. T", dans tout le site).

Cette boucle 20 000 volts alimentait chaque bâtiment secondaire en énergie (1 bâtiment par antenne). Chaque bâtiment secondaire alimentait à son tour une antenne ; les bâtiment'Énergie-Antenne'disposaient aussi d'alimentation "ASI" (Alimentation Sans Interruption), servant à basculer sur batteries ou sur groupe électrogène en cas de défaillance E. D. F, l'autonomie des antennes était ainsi garantie.

Concernant l'ASI :

Le CTS ayant un besoin de qualité (variation de tension, dérive en fréquence, coupure) au niveau fourniture de l'énergie EDF, l'emploi de dispositif ASI se justifiait pleinement.

Galerie photographique

Quelques photos du CTS, d'hier et d'aujourd'hui :

La situation actuelle du site

Suite au rachat du site et au désengagement de France Télécom, la majorité des antennes ont d'ores et déjà été démantelées (mars 2008). La démolition des antennes du CTS a été confiée aux chantiers de démolition LE GALL, société basée à Ploufragan (22).

L'agglomération de Lannion ne pouvant à elle seule supporter la charge financière de l'entretien de ces antennes, (une couche de peinture une fois par an sur l'intégralité de chaque antenne et travaux de sécurisation à faire sur l'ensemble des bâtiments du site) a décidé d'en sacrifier quelques-unes et de ne garder que les plus intéressantes et accessibles pour le grand public.

Le reste du site est grillagé et inaccessible au grand public.

PB1 (radôme), PB3, PB5 (Inmarsat) et PB8 (petite antenne) sont les seuls vestiges de ce patrimoine technologique. Les anciens bâtiments se sont particulièrement vite dégradés avec le temps.

Quelques photos donnant la possibilité du juger de l'état du site en mars 2008 :

L'avenir du site

La reconversion

Une partie de ce lieu historique se nomme actuellement Cosmopolis et regroupe le musée des télécommunications et son radôme (Cité des télécoms), le planétarium de Bretagne, ainsi qu'une reconstitution fidèle d'un village Gaulois.

Suite à l'arrêt définitif du centre, et après d'âpres discussions entre la mairie de Pleumeur-Bodou, l'architecte des Bâtiments de France (du fait de la proximité du radôme, monument classé, les antennes ne pouvaient être démantelées sans autorisation) et France Télécom[13], sept antennes du CTS ont été démantelées par France Télécom, toujours propriétaire du site. Le CTS n'étant plus en activité, ce dernier a été vendu à la Communauté d'Agglomération Lannion-Trégor (LTA), le 6 septembre 2006.

Ce qui reste

Quatre antennes (ou plutôt, devrait-on dire, des "sculptures de métal" car débarrassées de toute électronique, câbles de commandes, figées dans leur position définitive) ont été conservées à ce jour : deux par France Télécom (PB1, PB8) et deux par la Communauté de Communes (PB3, PB5).

Ces quatre dernières antennes sont les seuls vestiges d'un glorieux passé de télécommunication dans le Trégor. Les terrains du CTS, appartenant désormais à l'agglomération de communes Lannion-Trégor, sont utilisés désormais par la mairie de Pleumeur-Bodou mais aussi par des sociétés privées.

Le reste du site étant devenu une "friche industrielle", est en cours de nettoyage par les agents de LTA (déboisage, entretien des talus et des chemins d'accès, dépollution (suppression des câbles divers).

Des appels concernant des marchés publics sont en cours de lancement (mars 2008), pour sélectionner des projets mettant en valeur le patrimoine historique du site et donnant la possibilité aussi de réutiliser les surfaces vacantes de la zone.

L'ancien CTS devient le Pôle Phœnix

Lannion-Trégor Agglomération a décidé de rebaptiser le site "Pôle Phœnix"[14]. Les travaux de rénovation ont débuté en mai 2008. Le projet de reconversion s'articule autour de cinq axes :

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/04/2010.
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