Ligne à haute tension

La ligne à haute tension est le composant principal des réseaux de transport d'électricité. Elle transporte l'électricité de la centrale électrique au consommateur.



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  • Lignes Haute tension et cancers (Zéro de tension)... Dans la région de Stockholm, "3% des cancéreux habitent à moins de 150 m d'une ligne à 200.000 volts"... (source : )
Lignes à haute tension.

La ligne à haute tension est le composant principal des réseaux de transport d'électricité.
Elle transporte l'électricité de la centrale électrique au consommateur. Ces lignes sont aériennes, souterraines ou sous-marines, bien que les professionnels réservent plutôt ce terme aux liaisons aériennes.

Les lignes à haute tension aériennes sont composées de câbles conducteurs, le plus souvent en alliage d'aluminium, suspendus à des supports, pylônes ou poteaux. Ces supports peuvent être faits de bois, d'acier, de béton, d'aluminium ou quelquefois en matière plastique renforcée.

Aujourd'hui, certaines lignes sont régulièrement exploitées à des tensions supérieures à 765 kV[1]. De nouvelles lignes (dites «HVDC» pour «High Voltage Direct Current») à «à courant continu haute tension» permettent de transporter le courant avec moins de pertes sur de plus longues distances, peut-être sous l'eau.

Histoire

L'Inde prévoit un fort développement de son réseau 800 kV, et vers 2013-2014, la mise en service d'un réseau 1 200 kV[4].

Pourquoi utiliser la haute tension ?

Un pylône d'une ligne à 735 kV d'Hydro-Québec, reconnaissable à ses entretoises en X, qui séparent les quatre conducteurs. Le réseau de transport québécois compte 11 422 km de lignes à 735 et 765 kV, qui acheminent l'électricité des centrales hydroélectriques nordiques vers les centres de consommation du sud.

Le choix d'utiliser des lignes à haute tension s'impose dès qu'il s'agit de transporter de l'énergie électrique sur des distances supérieures à quelques kilomètres. L'objectif est de diminuer les chutes de tension en ligne, les pertes en ligne, et aussi de perfectionner la stabilité des réseaux.

Les pertes en ligne sont dues à l'effet Joule, qui ne dépend que de deux paramètres : la résistance et le courant (P = R. I2). L'utilisation de la haute tension permet, à puissance transportée (P = U. I) équivalente, de diminuer le courant et par conséquent les pertes. D'autre part, pour diminuer la résistance, aux fréquences industrielles, il n'y a que deux facteurs, la résistivité des matériaux utilisés pour fabriquer les câbles de transport, et la section de ces câbles. À matériau de fabrication et section équivalents, les pertes sont par conséquent identiques, habituellement, pour les lignes aériennes et pour les lignes souterraines[5].

Les lignes à haute tension font partie du domaine «haute tension B» qui comprend les valeurs supérieures à 50 kV en courant alternatif. L'expression «très haute tension» est quelquefois utilisée, mais n'a pas de définition officielle. Les tensions utilisées fluctuent d'un pays à l'autre. Schématiquement, dans un pays, on trouvera des tensions de l'ordre de 63 kV à 90 kV pour de la distribution urbaine ou régionale, de l'ordre de 110 à 220 kV pour les échanges entre régions, et de l'ordre de 345 à 500 kV pour les principales interconnexions nationales et internationales. Dans certains pays, comme au Québec, on utilise aussi du 735 kV, et même des tensions plus élevées comme en Chine (1 100 kV), Inde (projet 1 200 kV), Japon (projet 1 100 kV) et dans l'ex-URSS où des essais de transport en «ultra haute tension» ont été effectués en 1 500 kV — mais ce type de tension ne se justifie que pour un transport sur une distance de l'ordre du millier de kilomètres, pour lequel un transport en courant continu peut être une solution intéressante.

La tableau suivant donne l'évolution de la tension des réseaux à courant alternatif depuis 1912, année de la mise en service de la première ligne de tension supérieure à 100 kV.

Ligne Pays Tension réseau Année
Lauchhammer - Riesa Allemagne 110 kV 1912[6]
Braunweiler - Ludwigsbourg Allemagne 220 kV 1929
Boulder Dam - Los Angeles États-Unis 287 kV 1932
Harsprånget - Halsberg Suède 380 kV 1952
Moscou - Volgograd Russie 525 kV 1960
Montréal - Manicouagan Canada 735 kV 1965
Broadford - Baker États-Unis 765 kV 1969
Ekibastouz - Kökchetaou Kazakhstan 1 150 kV[7] 1985
Suvereto - Valdicciola Italie 1 050 kV 1981-1995[8]
Minami - Niigata Japon 1 100 kV[9] 1993
Jindongnan - Jingmen Chine 1 100 kV 2009[10]

Classification

Tensions de fonctionnement

On peut classer les lignes électriques selon leur tension de fonctionnement :

En 2009 en Europe, ces classes sont officiellement regroupées en : BT, HTA et HTB

Lignes à courant continu

Les lignes à haute tension fonctionnent presque toutes en courant alternatif triphasé ; mais dans le cadre spécifique de certaines traversées sous-marines ou de lignes enterrées, le transport se fait en courant continu (HVDC) [11] pour des raisons d'économie, d'encombrement et de fiabilité. A titre d'exemple :

Lignes souterraines

À ce jour, les lignes souterraines (à courant continu ou alternatif), plus coûteuses à l'installation, sont utilisées dans quelques cas spécifiques : transport sous-marin, franchissement de sites protégés, alimentation de grandes villes, de métropoles ou autres zones à forte densité de population. Elles sont plus fréquemment en basse et moyenne tension qu'en haute tension du fait des couts prohibitifs[12].

L'isolation : elle s'est en premier lieu faite par papier imprégné d'huile minérale, puis par de nouvelles technologies qui ont aussi perfectionné les capacités de lignes :

Composants

Pylônes

Article détaillé : Pylône électrique.

Pour les lignes aériennes, des pylônes, le plus souvent réalisés en treillis d'acier supportent et maintiennent les conducteurs à une distance suffisante du sol et des obstacles : ceci sert à garantir la sécurité et l'isolement comparé à la terre, les câbles étant nus (non isolés) pour en limiter le poids et le coût.

Un pylône sur une ligne 400 kV en France

. L'inconvénient est leur exposition aux intempéries (embruns salés, tempêtes, poids de la glace qui peut les endommager).

Conducteurs

Article détaillé : Câble électrique à haute tension.

Le courant électrique est transporté dans des conducteurs, le plus souvent sous forme triphasée, avec au moins trois conducteurs par ligne. Pour une phase, on peut aussi trouver un faisceau de conducteurs (de deux à quatre) à la place d'un simple conducteur pour limiter les pertes et d'augmenter la puissance pouvant transiter (voir plus bas).

Les conducteurs en cuivre sont de moins en moins utilisés. On utilise généralement des conducteurs en alliage d'aluminium, ou en combinaison aluminium-acier pour les câbles plus anciens ; ce sont des conducteurs composés d'une âme centrale en acier sur laquelle sont tressés des brins d'aluminium. Les conducteurs sont nus, c'est-à-dire non revêtus d'un isolant.

Les conducteurs haute tension sont aériens ou souterrains (et quelquefois sous-marins). Les conducteurs aériens sont soumis à l'action des facteurs atmosphériques : température, vent, pluie, verglas etc. Ces facteurs interviennent de façon importante dans le choix des paramètres d'une ligne haute-tension : type de conducteur électrique (matériaux et géométrie), hauteur et distance des pylônes, tension mécanique maximum sur le conducteur pour maintenir une garde au sol suffisante, etc. Le choix de ces paramètres a une grande influence sur les coûts de construction et d'entretien d'une ligne de transmission, mais aussi sur sa fiabilité et sur sa longévité. Toutes choses identiques d'autre part la position des conducteur influe sur l'intensité et la disposition du champ électromagnétique.

Isolateurs

L'isolation entre les conducteurs et les pylônes est assurée par des isolateurs. Ceux-ci sont réalisés en verre, en céramique, ou en matériau synthétique[14]. Les isolateurs en verre ou céramique ont généralement la forme d'une assiette. On les associe entre eux pour former des chaînes d'isolateurs. Plus la tension de la ligne est élevée, plus le nombre d'isolateurs dans la chaîne est important. Sur une ligne 400 kV (400 000V), les chaînes d'isolateurs comportent 19 assiettes. On peut alors deviner la tension des lignes en multipliant le nombre d'isolateurs par 20 kV à peu près.

Câbles de garde

Les câbles de garde ne transportent pas le courant. Ils sont localisés au-dessus des conducteurs. Ils jouent un rôle de paratonnerre au-dessus de la ligne, en attirant les coups de foudre, et en évitant le foudroiement des conducteurs. Ils sont généralement réalisés en almelec-acier. Au centre du câble de garde on place quelquefois un câble en fibre optique qui permet de la communication de l'exploitant. Si on décide d'installer la fibre optique sur un câble de garde déjà existant, on utilise alors un robot qui viendra enrouler en spirale la fibre optique autour du câble de garde.

Signalisation

Afin d'éviter les impacts d'aéronefs, les lignes sont signalées par des balises diurnes (boules) ou nocturnes (dispositifs lumineux), aux abords des aéroports et aérodromes la partie supérieure du fût du pylône est peinte en rouge et blanc. D'autres systèmes sont utilisés pour la protection avifaune dans les zones sensibles (couloir de migration surtout), comme des spirales de couleurs qui outre l'aspect visuel siffle sous l'effet du vent ou encore des silhouettes de rapace positionnés en tête de pylône qui provoque par réflexe une élévation du vol pour échapper au supposé prédateur. En France, le choix des techniques et des zones de pause est réalisée de concert avec les organismes de protection des oiseaux et RTE ou ERDF.

Modélisation électrique

Une ligne électrique idéale peut être reconnue comme un fil d'impédance nulle. Dans la pratique plusieurs phénomènes physiques entrent en jeu : pertes d'énergie par effet Joule, réponse fréquentielle, courants de fuite. Une étude avec un modèle théorique simplifié sert à comprendre l'effet de divers paramètres sur le comportement de la ligne.

Modèle en Pi d'une ligne électrique

Le schéma ci-dessus représente un modèle sommaire mais simple d'emploi pour une phase d'une ligne pas trop longue : il forme une approximation suffisante pour des longueurs de 200 à 300 km. Une ligne plus longue pourra être assimilée à une succession de cellules élémentaires de ce type, à la manière d'une ligne de transmission. Dans le cas d'un défaut à la terre, la coupure du défaut en ligne par un disjoncteur à haute tension donne naissance à la propagation d'ondes de tension entre le disjoncteur et le point de défaut. La fréquence d'oscillation de la tension en aval du disjoncteur dépend de l'impédance d'onde de la ligne et de la longueur de la ligne en défaut. Si la ligne est ouverte à son extrémité elle peut être assimilée à une réactance capacitive.

Résistance de la ligne

La résistance d'un conducteur filiforme s'écrit :

R=\rho \frac l s \,

Pour limiter les pertes par effet Joule, on souhaite que la résistance R soit la plus faible envisageable. La longueur l  \, de la ligne étant imposée, on ne peut jouer que sur la résistivité \rho  \, du matériau conducteur et sur sa section s \,.

Résistivité des matériaux utilisés pour les lignes

Le cuivre, dont la résistivité vaut 1, 72 x 10-8 Ω∙m, n'est pas utilisé car trop coûteux, mais également trop lourd pour les lignes aériennes. On lui préfère des ensembles aluminium-acier ou des alliages aluminium, magnésium et silicium dont la résistivité est de l'ordre de 3 x 10-8 Ω∙m

Section des lignes

La section d'un conducteur aérien d'une ligne à haute tension est de l'ordre de 500 mm2 : il n'est pas avantageux d'augmenter davantage la section des conducteurs.

En effet, à la fréquence de 50 Hz (et a fortiori à une fréquence de 60 Hz), il est avantageux d'utiliser deux conducteurs de 500 mm2 à la place d'un de section 1000 mm2 à cause de l'effet pelliculaire ou effet de peau.

D'autre part, sur des lignes de tension supérieure ou égale à 345 kV, il est indispensable de prévoir au moins deux conducteurs par phase pour limiter les pertes par effet couronne.

Ordre de grandeur des résistances linéiques

Pour une ligne de section 500 mm2 réalisée avec un matériau de résistivité 3 x 10-8 Ω∙m, la résistance d'un conducteur aérien est de l'ordre de 6 x 10-2 Ω/km. Cette valeur est donnée à titre indicatif car nous avons vu que la résistance dépendait fortement de la section.

Pour les lignes à haute tension, les valeurs des résistances linéiques sont comprises entre 0, 01 Ω/km (ligne 735 kV d'Hydro-Québec) et 0, 1 Ω/km. La norme américaine IEEE C37.06-1997 indique des valeurs allant de 0, 012 Ω/km (800 kV) à 0, 031 Ω/km (362 kV).

Réactance de la ligne

Les paramètres réactifs de la ligne dépendent peu de la tension et de la section mais, par contre, ils sont particulièrement différents pour les lignes aériennes et pour les câbles posés ou enterrés.

Inductance de la ligne

Capacité de la ligne

Caractéristiques électriques

Puissances transportées

Des lignes à haute tension à Lund en Suède

Pertes de puissance

Malgré l'effort entrepris pour limiter la résistance, le transport de l'électricité génère des pertes d'énergie importantes, essentiellement par effet Joule. À titre d'exemple, pour le réseau de transport d'électricité en France, ces pertes sont estimées en moyenne à 2, 5 % de la consommation globale, soit 13 TWh par an (source?).

Pour ne pas subir de pertes importantes, on utilise par conséquent deux techniques :

Cependant, la tension servie aux particuliers doit rester inchangée (230 V en France ou 120 V au Québec pour les installations domestiques) et dans le domaine de la basse tension pour limiter les risques pour les utilisateurs. Il faut par conséquent l'abaisser au plus près de ceux-ci. Comme on ne sait pas le faire de façon simple avec le courant continu (cf. HVDC), on a recours au courant alternatif (de fréquence 50 Hz en France ou 60 Hz au Québec et Amérique du Nord) ainsi qu'à des transformateurs.

Il faut aussi prendre en compte le risque d'arc électrique entre deux conducteurs. Ce risque est d'autant plus important que la tension est élevée. Cela impose des contraintes d'isolement plus fortes et nécessite surtout :

Intensité du courant

L'intensité maximale du courant transportable dans une ligne est liée à la résistance de ses conducteurs, et par conséquent à leur section ainsi qu'à la résistivité des matériaux les constituant.

Un courant circulant dans les conducteurs va créer des pertes, et par conséquent une élévation de température. Un équilibre thermique va s'établir entre les pertes dans le conducteur, et l'énergie transmise par le conducteur à son milieu ambiant (l'air) par convection et rayonnement. Les gestionnaires du réseau devront limiter le courant et par conséquent la température du conducteur à un niveau acceptable : la déformation due à la chaleur doit respecter la limite d'élasticité des cables, et la flèche de la ligne (son point bas comparé au sol) doit rester suffisamment éloignée du sol pour ne pas mettre en danger les biens et personnes à proximité. La température limite acceptable d'un conducteur aluminium est de l'ordre de 100°C. A partir de là, le concepteur de la ligne définira selon la température ambiante l'intensité maximale acceptable. Des surcharges temporaires sont acceptables quand la température ambiante est suffisamment inférieure à la valeur maximale prise pour le dimensionnement.

Cependant le choix des sections de lignes doit se faire suivant les courants maximaux à transporter, mais également selon critères technico-économiques. Le choix d'une section plus importante entrainera une dépense plus importante, mais permettra de diminuer les pertes. On peut même envisager de réaliser deux lignes transportant la moitié du courant, car les pertes de chaque ligne sont divisées par 4 — par conséquent le total des pertes est divisé par 2. L'économie réalisée permet d'amortir la réalisation de la seconde ligne. Qui plus est , on conserve la possibilité de doubler l'intensité du courant en cas de besoin (opérations de maintenance, pannes sur l'autre ligne, ... ).

La densité du courant dans les lignes aériennes haute tension est d'environ 0, 7 – 0, 8 A/mm2.

Chutes de tension

La problématique des chutes de tension sur une ligne à haute tension peut se se résumer ainsi : la tension étant fixe à une extrémité de la ligne, comment maintenir en bout de ligne une tension aussi constante que envisageable, et ceci quel que soit le courant traversant la ligne. Si le problème des chutes de tension existe autant en basse tension, il peut être essentiel sur les lignes à haute tension du fait de leur longueur. On verra aussi plus bas qu'à vide (en l'absence de courant), un phénomène paradoxal se produit sur les lignes à haute tension : la tension en extrémité de ligne est plus élevée qu'en entrée !

À vide

Si on considère le modèle en π quand le courant de sortie est nul, on remarque que le condensateur de sortie est alors en série (c'est-à-dire traversé par précisément la même intensité) avec la résistance et l'inductance de ligne.

On peut écrire : \frac{ \underline U_e}{ \underline Z_L + \underline Z_R + \underline Z_C} =\frac{ \underline U_s}{ \underline Z_C}  \,, soit : \underline U_e = \underline U_s + \frac{ \underline Z_L + \underline Z_R }{ \underline Z_C} \cdot \underline U_s \,

d'où on tire : \frac{ \underline U_e - \underline U_s}{\underline U_s}  =\underline Y_C \underline Z_C = RC\omega - jLC\omegaˆ2 \,

Pour une ligne aérienne, nous avons vu que R <  L\omega \,, par conséquent le deuxième terme est prédominant, ce qui conduit à une tension de sortie supérieure de quelques pour cent à la tension d'entrée. Ce phénomène est nommé effet Ferranti.

En charge

La f. é. m d'un alternateur est constante et égale à la somme vectorielle de la résistance interne fois le courant qui la traverse plus l'impédance interne fois le même courant plus la somme (résistance et impédance) de la ligne fois le courant plus la tension au limites de la charge qui est en parallèle avec la capacité de la ligne.

Puisque la ligne en charge présente un aspect inductif, alors la formule sera :

U_e = (r + jl\omega). I + (R + jL\omega). I + U_s \,, soit : U_e = (r + R). I + j( l\omega + L\omega). I + U_s \,

Si l'intensité nommée I augmente les deux termes (r+R).I  \,et j(l\omega +L\omega).I  \,augmentent par conséquent  U_S \, diminue à l'extrémité de la ligne. Pour y remédier, il y a deux possibilités : soit demander aux groupes d'apporter plus de réactif soit insérer les batteries de condensateurs dans le réseau ou bien les deux solutions à la fois. L'ajout de la batterie de condensateur diminue le vecteur jlw inductif dans la mesure où elle impose un vecteur capacitif -j/cw opposé au vecteur inductif ce qui augmente le vecteur Us.

Controverses sanitaires et environnementales

Leur éventuel impact sanitaire en question

Les lignes à haute tension sont suspectées d'effets néfastes sur l'organisme humain, surtout à cause des champs magnétiques qu'elles émettent. Les résultats des études épidémiologiques sont contrastés.

S'appuyant sur plusieurs études épidémiologiques portant sur des groupes d'enfants exposés à proximité de lignes à haute tension et mettant en évidence un risque accru de leucémie, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les champs électromagnétiques «basse fréquence» comme envisageablement cancérogènes pour l'homme (catégorie 2B) [15].

Le sujet reste malgré tout particulièrement débattu et si «les études consacrées à l'effet envisageable des rayonnements à basse fréquence sur la leucémie infantile se comptent par centaine», «la relation causale entre les deux reste particulièrement incertaine : elle n'est ni exclue, ni prouvée, au sens scientifique du terme»[16]. L'enfouissement des lignes à haute tension n'est pas nécessairement la solution miracle à ce problème. Le champ magnétique à l'aplomb d'un câble haute tension enterré peut quelquefois être supérieur à celui d'une ligne aérienne de même tension.

Néanmoins des associations tel que le Criirem considère qu'il y a un sur-risque de cancer et de maladies graves chez l'adulte en cas d'exposition résidentielle aux champs des lignes à haute tension (en particulier pour les leucémies et tumeurs cérébrales), un avis se fondant surtout sur leur enquête réalisé pour l'association Stop-THT[17].

Études épidémiologiques

Le British Medical Journal du 4 juin 2005[18] publie une étude montrant un risque relatif limité mais réel de leucémie infantile pour les enfants résidant à proximité (de 0 à 600 mètres) d'une ligne à haute tension. Aucune augmentation du risque relatif n'était mise en évidence pour les autres tumeurs (tumeurs cérébrales par exemple avec un risque relatif inférieur à 1, ce qui n'indique bien entendu pas un effet protecteur). Cette étude, réalisée par un chercheur de l'université d'Oxford, précise que tout biais social a été écarté (le risque de leucémie serait plus élevé dans les familles les plus aisées). Cependant, comme pour l'ensemble des études cas-témoins rétrospectives les risques de biais sont nombreux et complexes à contrôler : par exemple uniquement la moitié des cas de leucémies n'avaient pas déménagé entre l'apparition et le diagnostic. Aucune explication rationnelle n'a été trouvée pour expliquer ce sur-risque. Surtout on n'a pas encore su définir avec exactitude si cela est dû aux champs magnétiques ou à d'autres causes.

Études en laboratoire sur animaux

Certaines études en laboratoire sur animaux ont montré que l'exposition aux champs électriques et magnétiques peuvent être associées à l'augmentation d'incidence de certains cancers (mais pas les leucémies) [19]. Les études ne montrant aucune association sont plus nombreuses. Mais les niveaux de champs nécessaires à la naissance des phénomènes néfastes sont sans commune mesure avec ceux mesurés à proximité des lignes à haute tension. En France, le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon classe cependant les champs magnétiques de très basse fréquence produits par les lignes à haute tension dans le groupe 2B des agents potentiellement cancérigènes, mais seulement pour le cas spécifique des leucémies de l'enfant.

Synthèse de l'OMS (2007)

En juin 2007, l'Organisation mondiale de la santé a publié une monographie examinant la littérature scientifique sur les effets des champs électriques et magnétiques sur la santé[20]. Après examen des preuves scientifiques, la monographie n'a pas identifié de pathologies qui pourraient raisonnablement être attribuées à l'exposition à des niveaux typiques de champs magnétiques ou électriques trouvés en milieu domestique ou sur un lieu de travail. Néanmoins la classification 2B du Centre international de recherche sur le cancer (potentiellement cancérigène) est maintenue pour les champs magnétiques, sur la base de liens statistiques non expliqués dans certaines études entre les leucémies de l'enfant et l'exposition à des champs magnétiques en milieu résidentiel. La preuve d'une liaison de cause à effet entre les deux est reconnue comme «limitée», et les bénéfices d'une réduction des champs sur la santé sont déclarés comme «douteux»[21].

Lignes haute tension et nuisances environnementales

Les lignes haute tension posent fréquemment de complexes problèmes d'intégration paysagère et écopaysagère (cf. mortalité d'oiseaux par collision avec la ligne lorsqu'elle s sont positionnées sur des corridors de migration aviaire).
Un pylône de type muguet, un modèle moins massif et conçu pour mieux s'intégrer à l'environnement urbain.

Les lignes dites à très haute tension, 225 ou 400 kV, sont vivement critiquées par les associations de protection de l'environnement et dans les médias, à cause de :

Les associations écologistes demandent de :

Les obstacles à l'enfouissement des lignes peuvent être soit techniques, soit économiques : une ligne 400 kV enterrée coûte à peu près dix fois le prix d'une ligne aérienne[25]. Mais cette évaluation approximative ne tient pas compte d'éventuelles économies d'échelle obtenues qui pourraient être envisageables grâce à la généralisation des techniques d'enfouissement. Enfin, les lignes aériennes sont extrêmement vulnérables en cas de tempête : en France, la tempête de 1999 a entraîné un surcoût de 30 % rien que pour la mise aux normes des lignes THT afin qu'elles résistent à des vents violents de 170 km/h. Au Canada, les tempêtes de verglas peuvent aussi endommager les lignes, comme celle survenue en janvier 1998 qui a détruit 120 000 km de lignes électriques de toutes tensions. Le surcoût théorique, surtout mis en exergue par l'opérateur du réseau français RTE occulte les bénéfices attendus d'un enfouissement tout en faisant implicitement abstraction des externalités négatives, à savoir l'impact sur le paysage, le tourisme, l'habitat naturel, les nuisances sonores, mais aussi les conséquences sur l'avifaune. En Allemagne, une loi impose d'enfouir les lignes qui doivent traverser la forêt de Thuringe et la Basse-Saxe, imposant un surcoût de 70 millions d'€ (soit 80 centimes d'€ par foyer, à comparer aux 20 milliards d'€ par an prévus pour doper le développement du réseau) [26].

Le maire de Villechien a tenté sans succès d'interdire ces lignes en raison du risque électromagnétique qu'elles présentaient selon lui, s'appuyant pour se faire sur ses pouvoirs de police et invoquant le principe de précaution; le tribunal administratif de Cæn l'a contredit en décembre 2008[27].

Dangerosité intrinsèque

Les lignes à haute tension sont des systèmes industriels dangereux. Le contact direct (avec toucher) des conducteurs sous tension présente un risque élevé d'électrocution[28]. Un des objectifs de la conception aérienne des lignes à haute tension est de maintenir un dégagement proportionné entre les conducteurs et le sol afin d'empêcher tout contact avec la ligne. Cela dépend en grande partie de la tension présente dans la ligne.

Études d'impact : saisine de l'Autorité environnementale

L'Autorité environnementale (Æ), créée en France par un décret du 29 avril 2009, donne des avis, rendus publics, sur les évaluations des impacts des grands projets et programmes sur l'environnement et sur les mesures de gestion visant à éviter, atténuer ou compenser ces impacts surtout lors d'une création d'une ligne à haute tension.

Notes et références

  1. Michel Aguet, Michel Ianoz (Jacques Neirynck, dir. ), Traité d'électricité, vol.  XXII, Haute tension, École polytechnique fédérale de Lausanne, éd. Presses polytechniques et universitaires romandes, 1990 425 p. (ISBN 2880744822 et ISBN 9782880744823) , p.  23, [lire en ligne sur books. google. fr  (page consultée le 13 juin 2009) ]
  2. «Une brève histoire de l'électrotechnique», sur le site clubeea. org
  3. (en) «Chinese electricity transmission reaches ultra-high levels», sur iec. ch
  4. (en) Power Grid Corporation of India Limited, site web powergridindia. com
  5. «Nouvelles formes d'énergie – suite/Énergie solaire, puis électrique, et après ?»
  6. (de) [pdf] «Entwicklung der Übertragungsspannungen» (Bild 1.10) , sur esw. e-technik. uni-dortmund. de
  7. Exploitation à tension réduite seulement
  8. Des études et essais ont été effectués de 1981 à 1986, la station pilote a été achevée en 1994 et mise sous sa pleine tension en avril 1995. La ligne de 3 km a été mise sous tension pendant un total cumulé de 14 300 heures, mais il n'y a pas eu d'exploitation sous cette tension ensuite. Voir (en) [1] et E. Colombo et al, Open aspects and envisageable alternative technologies following the UHV 1000 kV Italian experience, 2007, IEC-CIGRÉ International Symposium on International Standards for UHV, Beijing, 2007
  9. Exploitation à 550 kV seulement
  10. Essais sur un tronçon en 2008, exploitation prévue en 2009
  11. Groupe d'information sur les éoliennes
  12. (fr) Assemblée nationale - Rapport n°3477 sur l'enfouissement des lignes électriques, le 19 décembre 2001
  13. (fr) Assemblée nationale - Rapport n°3477 sur l'enfouissement des lignes électriques, le 19 décembre 2001
  14. ETL437 - Chapitre 6
  15. INRS - Fiche ED4210 - Les lignes à haute tension et les transformateurs - Mars 2008
  16. Pierre Zweiacker, Vivre dans les champs électromagnétiques, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. «focus science», 2009, p. 86.
  17. Résultat de l'enquête citoyenne : "Vivre avec une ligne THT ?"
  18. (en) Draper G, Vincent T, Kroll ME, Swanson J. «Childhood cancer in relation to distance from high voltage power lines in England and Wales : case-control study». British Medical Journal 2005;330 : 1290-2. (4 June. ) [lire en ligne]
  19. «Quelle est la relation entre les lignes à haute tension et le cancer ?» sur le site du Belgian BioElectroMagnetic Group
  20. (en) «Extremely Low Frequency Fields», Environmental Health Criteria Monograph n° 238, 2007.
  21. Citée dans la revue Electra du Conseil international des grands réseaux électriques, n° 24, décembre 2008, p. 16-17.
  22. Voir par exemple le graphique de la mortalité saisonnière par collision avec les oiseaux, sur une ligne électrique danoise localisée près d'un cours d'eau (page 43 de l'étude d'impact du pont de Øresundsbron «Construction of a fixed link across Fehmarnbelt : Preliminary risk assessment on birds», étude commandée par le ministère danois des transports et de l'énergie, et ministère allemand fédéral des transports, de la construction et du logement ; avec le "National Environmental Research Institute, Ministry ot the Environment, Denmark ; (Institut für Vogelforschung Vogelwarte Helgoland, Inselstation (télécharger) ;)
  23. Adaptation of the electric power lines in the SPA of Aragón (consulté 2010 03 17)
  24. Brève, conseil de l'Europe (consulté 2010 03 17)
  25. [pdf] Rapport du cabinet Energie Consulting
  26. Enerpresse n° 9597, 18 juin 2008, p. 2.
  27. «Limites du pouvoir de police du maire face à une police spéciale», Jugement rendu par Tribunal administratif de Cæn, 23 décembre 2008, n° 08-1111, AJDA 2009 p. 655
  28. Electrisations - Electrocutions

Voir aussi

Constructions semblables

Bibliographie

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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